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06 mars : mardi 21 mars à 11h00, sur la place du Palais Royal à Paris, la Maison des Artistes (MDA) a prévu d’organiser une manifestation réunissant 1.000 artistes plasticiens qui représenteront ses quelque 15.000 membres contre le projet de « démantèlement de la Maison des Artistes » aujourd’hui conduit par l’Administration et le Ministère de la Culture. Solidaire et déterminée, la profession rappellera à ses deux Ministères de tutelle que la Maison des Artistes est « Une et Indivisible », que si le régime de sécurité sociale d’autres professions est déficitaire celui des artistes plasticiens est excédentaire contribuant au financement du régime général. Cet organisme original qui peut à bien des égards servir de modèle n’a donc pas à faire l’objet de convoitise de la part de représentants (fonctionnaires ou non) de l’Administration.

Confrontée à une campagne de déstabilisation et des actions de lobbying, menées à grand renfort de moyens par quelques représentants marginaux de syndicats et associations en rupture avec la collectivité, la MDA n’écarte pas qu’un projet de démantèlement puisse masquer des enjeux inavoués visant à faire aboutir un tout autre projet, celui de la réforme de la sécurité sociale des artistes auquel l’Administration n’a jamais renoncé ! Dénonçant la parodie de démocratie de l’Administration et de ses ministères de tutelle qui négocient – au mépris des règles électorales – avec les protagonistes d’une division, la profession rappelle encore que “fédérés au sein de la MDA, qui est depuis 1952 leur organisme de représentation officiel, des dizaines de milliers d’artistes, se mobilisent dans les régions depuis des semaines et on leur fait comprendre qu’ils ne sont pas représentatifs”.

Soyez nombreux à venir au Palais Royal, soutenir cette mobilisation, le mardi 21 mars 2006 à 11h00.

L’histoire de la Maison des Artistes (1952-2006)

La Maison des Artistes a succédé en 1952 à l’Entraide des Artistes qui réunissait pendant la guerre des artistes et des sympathisants animés par la volonté d’améliorer les conditions de vie matérielles et morales des artistes peintres et sculpteurs. En devenant « Maison », « l’Entraide » s’identifiait à un lieu, généreusement légué par la Baronne de Rothschild, l’hôtel de la rue Berryer dont l’association a assuré la gestion jusqu’en 1976, date de la création de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques. C’est la Maison des Artistes qui accueillit en ce lieu la plupart des syndicats professionnels d’artistes, la coopérative d’entraide, l’association Fra Angelico, l’association pour la diffusion des arts graphiques et plastiques (A.D.A.G.P.), la fondation Gleizes à ses origines, la biennale de Paris, l’association internationale des critiques d’art (A.I.C.A.). Le Ministère de la Culture lui même, fit appel au support administratif de l’association pour la gestion du Centre National d’Art Contempo-rain (C.N.A.C.) installé pendant quelques années rue Berryer et pour assouplir les procédures comptables dans les actions d’aide à la première exposition.

En 1964, la Maison des Artistes était confrontée à un défi dont l’ampleur allait occulter en grande partie ses autres missions, la gestion de la sécurité sociale des artistes. En tant qu’organisme agréé par l’État, l’association fut chargée de mettre en place des processus administratifs complexes, d’assurer les équilibres financiers néces-saires et de prendre part aux décisions d’affiliation des artistes au régime d’assurance maladie créé par une loi de décembre 1964 et dont la gestion lui fut confiée. Ce rôle s’est encore trouvé renforcé après la Loi du 31 décem-bre 1975 qui assimilait pratiquement le régime des artistes au régime général de sécurité sociale. Tâche noble mais ingrate car une réglementation trop restrictive aboutissait à l’exclusion de nombreux artistes. La réglemen-tation l’imposait, mais pour les artistes c’est la Maison des Artistes qui excluait. Et de façon très injuste, le ser-vice ainsi rendu aux artistes à la demande de l’Etat contribuait à ternir notre image aux yeux de certains artistes.  Pourtant la philosophie qui avait présidé à la création de l’institution s’est toujours imposée.

La gestion de la sécurité sociale avec le concours d’un personnel particulièrement motivé, connaissant bien les artistes, faisait de la Maison des Artistes un organisme original pouvant à bien des égards servir de modèle dans les relations avec ce qu’il est convenu d’appeler en d’autres lieux, les administrés. Les artistes en étaient bien conscients lorsqu’en 1993, une Loi portant diverses mesures d’Ordre Social annonçait, parmi une quantité d’autres mesures sans rapport entre elle, la fin de la gestion du régime par la Maison des Artistes. Ce fut la plus grande manifestation d’artistes de l’après-guerre, l’Académie s’en émut et apporta son soutien actif. Jack Lang alors Ministre de la culture fit suspendre l’application de la Loi et fait assez rare pour être souligné, une nouvelle Loi fut promulguée dans l’année qui suivit alors que Jacques Toubon était devenu Ministre de la Culture, ce qui sauva la maison des Artistes.

Il restait à mettre fin à l’exclusion et restaurer les actions d’intérêt général, ce fut notre priorité dès 1995. Dans les moments difficiles, l’aide sociale dispensée sur le budget privé de l’association avec les seules cotisations volontaires des membres de l’association, n’a jamais été interrompue. Sur le plan des assurances sociales les Ministères des Affaires sociales et de la Culture ont fait un effort considérable, qu’il faut saluer,  pour l’amélioration du régime social des artistes. Il serait trop long d’énumérer les progrès obtenus au cours des der-nières années. Citons les principales, il n’y a plus de condition de revenu pour s’inscrire à la Maison des Artistes et la dernière mesure, entrée en vigueur en juillet 2001, réduit sensiblement le seuil et le délai d’affiliation. Les prestations sont pratiquement alignées sur celles des salariés. Ce nouveau défi a été gagné avec l’administration grâce à l’excellente gestion de l’organisme, que nous devons en grande partie à sa directrice, mais aussi grâce à nos résultats financiers. Nos recettes de cotisations sont passées de 28 M€ en 1996 à 48 M€ en 2001, soit une progression moyenne de plus de 45% en cinq ans et cette progression n’a pas cessé de se poursuivre. Le nombre d’inscrits dépasse aujourd’hui 32 000 artistes (l’Association a été investie depuis 1965 d’une mission d’intérêt public définie aux articles L 382-1, R 382-1, D 381-1 et suivant du code de la sécurité sociale, son agrément a été renouvelé par arrêté du 30 mars 1998).

La Maison des Artistes a montré que le refus d’une politique d’exclusion pouvait s’accompagner d’une progres-sion des recettes et que le développement d’actions associatives d’intérêt général non seulement n’était pas anti-nomique du strict respect des règles de gestion d’un service d’intérêt public, mais pouvait en être le complément harmonieux. La tourmente de 1994 a eu des effets positifs. Le développement vers les régions est engagé. Un réseau est en train de se constituer avec le support d’associations régionales. Pour la première fois l’assemblée générale a eu lieu  à Lyon au mois de novembre 2002. Elle aura lieu désormais en région une année sur deux. L’association s’est ouverte largement et bénéficie aujourd’hui du soutien de plus de 15 000 adhérents volontai-res. Chaque mois elle réuni une centaine d’artistes dans ses réunions d’information, 300 à Lyon le 3 février 2006, 800 à son assemblée générale annuelle.

Ce dynamisme devait susciter des convoitises. Dans un milieu très peu syndicalisé, la conquête de La Maison des Artistes devenait un  enjeu majeur pour des syndicats en mal de représentativité.   Le Président et le bureau de l’association étaient réélus fin 1982 avec plus de 80% des suffrages, contre une alliance syndicale autour de la CGT. Refusant le verdict des urnes, un candidat à la présidence (Antoine Perrot, enseignant en histoire de l’Art, soutenu par la CGT) obtenait l’annulation des élections pour une raison de pure forme, mais pas celle des statuts qu’il demandait aussi. La justice estimait que le vote par correspondance approuvé par 94% des votants aurait du être précédé d’une modification des statuts. Un administrateur judiciaire était nommé avec mission d’organiser de nouvelles élections dans les quatre mois. Il fallu un an, en grande partie en raison des manœuvres de retardement du candidat Perrot. Les nouvelles élections se traduisaient par un cuisant échec pour ce der-nier et ses alliés de la CGT qui recueillaient moins de 25% des suffrages. Cette nouvelle épreuve entraînait une forte mobilisation des artistes autour d’un comité de soutien, mais le passage de l’administrateur judiciaire lais-sait les finances exsangues.

Cette tentative de déstabilisation dont on peut sérieusement se demander si elle n’a pas été soutenue par l’administration  est aujourd’hui le prétexte à une nouvelle tentative de suppression de la Maison des Artistes en tant qu’organisme de gestion de la sécurité sociale des artistes.

  1. A titre anecdotique, l’assemblée générale annuelle du SNAP CGT de l’Ile de France n’a réuni que 18 personnes le 24 février 2006.
  2. Perrot a reçu après l’annulation des élections, alors qu’il était candidat à la présidence, une très importante subvention pour l’organisation des assises des artistes plasticiens à La Villette en septembre 2003.

Renseignements sur le site de la Maison des Artistes
Par téléphone : 01 42 25 06 53 – Par courriel

Contacts presse : Sylvie Samuel  – tél 01 40 71 04 44 – gsm 06 07 32 06 20
avec la collaboration de Sylvie Fourcade – tél 01 42 33 26 42 – gsm 06 03 03 11 97